Les compositions sont des débuts de sentier à la marge d’une terre sauvage : trames qui reviennent et qui s’évaporent, paramètres à étirer, à dissoudre, à exploser, reflets du soleil sur l’architecture d’une lointaine civilisation. On y trouve le coté obsessionnel, parfois naïf, du ‘Dub’, Transe, avec des passages qui évoquent la musique électronique, bien qu’en réalité, tout est enregistré en direct, et joué en ‘live’. Dès le départ, le trio s’est penché sur des rythmes ‘asymétriques’. Certains pulsations durent donc plus longtemps que d’autres. Xangoran, par exemple, est en 2 1/2 temps + 3 1/2 temps. Aquamarine (et Aqualatine) sont en 2/8,3/8,2/8,3/8,3/8,2/4 (total : 17/8). Ces rythmes hypnotiques et dansants sont inspirés par les musiques Tsigane et Arabe. Parmi les gammes utilisées par Zalmoxis sont les modes indiens : Todi (un mode du matin, en Prospero’s Alap) ; Kalyan (Xangoran) ; et Kâfî ( = Dorien, typique aussi de la musique Celte) ainsi que des modes Tsiganes/Juifs/Moyen Orientaux (Freylegs..) Ces dernières gammes flirtent avec les extrêmes de ce qu’on appelle en musique Occidentale ‘Majeur’ et ‘Mineur.’
La Batterie : Au fil des années, Chalot a créé un système batterie/percussions comprenant, entre autres, 5 grosses caisses orchestrales de diverses diamètres et hauteurs de fréquence, opérées par un pédalier, et qu’il utilise de diverses façons, selon la tonalité du morceau. Chalot est un batteur mélodique et expressif, et il se sert de son instrument pour raconter autant que pour encadrer, pour mener le jeu et évoquer des paysages autant que pour marquer la pulsation. Avec un très haut tabouret, il peut jouer de manière polyrythmique avec les deux cotés de son corps.
C’est autour de la cheminée d’une ancienne ferme cachée dans les contreforts boisés des Pyrénées que nous nous sommes retrouvés pour la première fois, le jour de l’an 2004. On a mangé ensemble, on a joué ensemble. Trois nomades musicaux assez rodés, un peu bourriques des fois, des idées pleins à craquer, chacun habitué à être ‘leader.’ Comment monter un trio avec trois leaders ? Ben, une espèce d’équilibre s’est installé, une tension créative triangulaire. Des longues sessions tous les vendredis, chez moi, chez Vincent, qui a sa caravane et sa belle salle de répétition sur une colline qui donne sur les montagnes. Des enregistrements ‘live’ de cette musique passionnée, hors frontières, mystérieuse même pour nous, avec Gérard à la régie ainsi qu’aux nombreux instruments qu’il sait jouer. Des midis et soirs autour de la table avec Noêlle, ma femme et avec Véronique, sœur de Vincent et musicienne réputée (www.veziana.net) Le pain maison de Gérard, les taboulés de Vincent, du vin du pays. Les premières dates, au festival de Saint Gaudens, à l’Art’cade, au Pluriel, à l’Ouverture, au Mandala. Petit à petit un dialogue s’est entamé avec les publics. Après chaque concert on a mieux compris notre propre musique, notre chemin est de mieux en mieux éclairé, on est plus soudés. Cet été, ça continue en compagnie d’Aelita, Reine de Mars, (voir dessous.) Et ça continuera, parce que ce n’est que le début du voyage. (David.)
Le violon Hardanger, ou Hardingfele, originaire du Hardanger Fjord, est l’instrument national de Norvège. Chaque instrument est un œuvre d’art, décoré en nacre et en os, souvent avec une tête de lion. Il possède 8 cordes en tout, dont 4 sympathiques qui vibrent en harmonie avec les cordes principales. Il existe plus que 1000 mélodies (‘Slåttar’), dans un style très polyphonique, pour cet instrument, dont la technique de jeu et la sonorité sont assez divergentes vis-a-vis celles du violon. Le Hardingfele est réputé pour sa connexion intime avec le surnaturel, et des abondantes traditions racontent la prouesse surhumaine de certains pratiquants, le long des 4 siècles de son existence.

Savoir plus sur le Hardingfele

Concerts cinémusiques avec Zalmoxis Trio.

"Le Zalmoxis Trio a collé parfaitemaent au film au point d'oublier leur presence...les rois de l'accompagnement du muet sur toile" (La Depeche Du Midi, à Jazz'velanet 2006)
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Notre mission : de créer une bande sonore vivante pour un film extraordinaire, réalisé en 1924, avec des acteurs qui ne sont certainement plus là, mais qui sont encore plein de vitalité sur l’écran. Ce projet est né de rencontres avec deux amis, diffuseurs de (et passionnés du) cinéma en Midi-Pyrénées : Charles Mascani (www.cineregent.com) et Jac Vergnes (Cinema le Casino, Lavelanet.) Ce projet, sur le film ‘Aelita, Reine de Mars’ de Jacov Protazanov, en sera suivi par d’autres, dans le domaine de la danse aussi que du cinéma. Réalisateurs, chorégraphes, n’hésitez pas de nous contacter !
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(Enregistrement et montage: Alain Martinet.)

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Le Film :
AELITA – REINE DE MARS (Jacov Protazanov, 1924. URSS. 110 min 35mm) (Cliquer içi pour super-gallerie!)
1924. En Russie, nouvellement soviétique, Lénine vient de mourir et Staline n’a pas encore pris le dessus. C’est la brève floraison artistique des premières années du régime bolchevique, qui, lui–même, garde un certain esprit bohème. Pasternak, Stravinsky, Chostakovitch, Prokofiev - qui vont souffrir, ou partir, plus tard sous Staline – ont tous connu alors leurs premiers succès. Dans cette atmosphère euphorique et relativement libertaire qui suit la guerre civile, Jacob Protazanov, grand nom du cinéma pre-révolutionnaire, mieux connu à l’époque qu’Eisenstein et, à toute évidence, intellectuel bourgeois, revient de son exil à Paris à l’invitation des autorités pour tourner un ‘blockbuster’ soviétique, basé sur un livre d’Aleksej Tolstoï, qui pourrait faire concurrence aux films étrangers dans les salles.
Le résultat connaît en effet un tel succès que des nombreuses filles nées en 1924 reçoivent le nom ‘Aelita’, d’après la jeune régente martienne éponyme. C’est une fusion inspirée de genres (science-fiction, mélodrame, burlesque, réalisme quasi-documentaire) et de décors (la décadence corrompue mais sensuelle et ballètique des scènes martiennes en costume digne de la Guerre des Etoiles, la misère des réfugiés affamés de la guerre civile) dont le message évidemment révolutionnaire (c’est un film de commande) ne cache pas une veine d’ironie et d’ambiguïté caractéristique de Protazanov (est-ce qu’on peut vraiment commander un film ?)
Cette riche hétérogénéité maîtrisée est tout l’intérêt et défi de cette œuvre pour ces trois musiciens du 21ième siècle, qui avec leur musique résolument moderne, instinctive, questionnante, offrent un nouveau regard sur un film moderniste d’une autre époque.